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  • Claude

Les pierres qui sautaient dans les poches

Dernière mise à jour : 22 mai 2023




Au bord d’un lac, un petit garçon faisait des ricochets avec des pierres mais à chaque fois elles revenaient et sautaient dans sa poche.


Le petit garçon grandit.

Quand il changeait de vêtements, au fil des années, les pierres allaient dans les poches de ses nouveaux habits.

Il finit par s’y habituer. Mais quand même c’était lourd quand il marchait.


En plus les pierres grandissaient en même temps que lui.


Alors adulte, imaginez, pour avancer sur la route de la vie… Même la Road 66, Bob...


L’homme s’interrogeait, et finit même, un jour, épuisé, par poser la question à une pierre : Pourquoi tu es là ? Pourquoi vous êtes là, toutes ?

Il n’eut pas de réponse. Mais il s’habitua à s’adresser à elle. Un soir d'ailleurs il prit une feuille de papier, un stylo et se mit même à leur écrire.


Au fil des discussions il avait peint des signes différents sur chacune d’entre elles, comme ça il pouvait s'adresser avec précision à l'une ou à l'autre.


Tout lui revenait...

Il écrivait : Toi je me souviens, il pleuvait ce jour-là. Quand je suis revenu à la maison j’étais trempé et maman m’a disputé. Elle m’a même battu. Très fort. J’en ai pris des coups ! Et il écrivit à une autre pierre aussi, qui avant de retourner dans la poche avait frôlé le visage de l’enfant et l’avait blessé et le sang avait coulé et taché la chemise. Là encore des coups.


Mais tout devenait plus clair... Et à chaque fois que l'homme écrivait une lettre, les pierres devenaient plus petites, plus transparentes.


Un jour il tendit la main vers celle à qui il écrivait le plus souvent. Elle était sur l’étagère de la bibliothèque où se trouvaient des dizaines de livres dont l'un, bizarrement, n'avait que des pages blanches. Car oui, quand il rédigeait ses lettres, et c'était pratique pour les décrire, il voyait les pierres, elles étaient posées en face de lui et c’était bien, aussi, car c'était plus léger dans les habits.


Et puis un matin l’homme n’eut plus rien à dire. Comme s'il y avait eu des ricochets de mots, de bonds en rebonds féconds, tombés au fond d'un "lac du dedans"...


Et l'homme se dit : "tiens je vais lire". Il se dirigea vers la bibliothèque, prit un livre, l’ouvrit. Sans y prêter garde il avait pris celui aux pages blanches. Les pierres s'y trouvaient !


L'homme sourit... Un sourire comme un arc-en-ciel, comme une anse de panier mais à l'envers, pour une cueillette à l'Arbre de Vie ! L'homme sortit dans la rue ; les gens furent étonnés de voir un monsieur âgé se diriger en sautillant vers la rivière du village. Dans laquelle il jeta le livre.


Etonnée, attirée, une jolie fille cria : "monsieur, monsieur". Un jeune homme magnifique se retourna.

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